Robert BUSSIERE 1925-2004

La vie publique et militaire de Robert Bussière débute en 1942.
Cette année là, à l ‘âge de 17 ans, élève en classe préparatoire à l'Ecole Navale, il décide avec deux de ses amis de quitter la France pour prendre part au combat contre l'occupant. Surveillé par la Gestapo et les milices vichystes, ils réussissent néanmoins à atteindre l'Espagne après avoir franchi à pied les Pyrénées. Ceci leur vaudra de recevoir, après guerre, la médaille des évadés. Arrêtés, puis emprisonnés par les Autorités Franquistes, Robert Bussiére et ses deux camarades ne rejoindront les Forces Françaises Libres à Casablanca au Maroc que huit mois plus tard.
Durant les deux dernières années de guerre, Robert Bussière fera son apprentissage d'officier au sein de l'Ecole Navale reconstituée hors de la Métropole, à Casablanca et en Angleterre.
En 1945, après un bref séjour dans l'Allemagne vaincue, il est versé dans l'aviation embarquée. Admis dans la chasse, il va dès lors de 1946 à 1950, successivement affecté à Toulon; Meknès et Cognac, apprendre le difficile et dangereux métier de pilote de combat. Car ces hommes, les pilotes de chasse, payent un lourd tribut pour assimiler jusqu'à la perfection les techniques de combat aérien. Durant ces années, Robert Bussière verra bon nombre de ses camarades s'envoler pour ne jamais revenir.
En 1950, il est parmi les premiers pilotes français à réussir un appontage, en l'occurrence sur le porte-avions Arromanches.
En 1951 il est sélectionné pour participer à un stage de vol de combat de nuit aux Etats-Unis, stage qu'il effectuera de 1952 à 1953.
Nommé Chef d'escadrille, il occupera ces fonctions à Hyères, puis au Maroc de 1956 à 1958, à Port Lyautey et Khouribga.
Fin 1958, à sa demande il est muté en Algérie et prendra part au conflit jusqu'en 1960. En septembre 1959, il accomplit avec succès une mission aérienne particulièrement périlleuse, pour laquelle il s'était porté volontaire, et réussit à ramener son appareil pourtant touché de plusieurs obus anti-aérien. Cité à l'ordre de l'Armée, Il sera fait Chevalier de la Légion d'Honneur pour ce fait d'armes.
A la fin des hostilités, après en avoir préparé le concours, il est admis à l'Ecole de guerre dont il suivra l'enseignement de 1963 à 1965.
De 1966 à 1969 il est officier aviateur au sein de l'escadre de l'Atlantique.
De 1970 à 1972, il commande l'escorteur d'escadre rapide le « DU CHAYLA », puis l'ensemble des escorteurs d'escadre de l'Atlantique.
Il termine sa carrière d'officier en 1975 à l'état major de la Marine à Paris, avec le grade de capitaine de vaisseau.
Il est remarquable de constater que cet officier dont les nombreuses décorations dont il fût le récipiendaire attestent la valeur, consacra les dernières années de sa vie, au sein de diverses associations, à prévenir les conflits armés c'est-à-dire à œuvrer pour la paix. Un ouvrage intitulé « Sécurité européenne et réalités internationales », auquel des experts français, Canadiens, Américains participèrent, fût publié en 1995 sous sa direction
Pour tenter une dernière fois de cerner l'homme que fût Robert Bussière, je vous dirais qu'il fit partie de cette génération, qui après le traumatisme de l'effondrement de 1940, a relevé notre Nation au lendemain de la seconde guerre mondiale et malgré les vicissitudes des guerres de décolonisation, a rendu à la France la puissance, l'honneur, la fierté et la grandeur de ses armes.

Robert Bussière, chevalier de la Légion d'Honneur, était titulaire des médailles suivantes:
  • Officier dans l'Ordre National du Mérite,
  • Croix de guerre avec étoile de vermeille,
  • médaille des évadés,
  • croix des combattants d'Algérie,
  • médaille de l'aéronautique